THEMES

La plupart de nos réunions commencent par des thèmes qui sont développés par des membre de La Croix Bleue, et nous permettent de réfléchir sur des sujets variés, qui sortent parfois du cadre de l’addiction. Le thème est lu, puis la discussion commence, et chaque personne du groupe de parole peut y participer, si elle le souhaite, et l’enrichir de ses réflexions.

Cette première partie de la soirée se passe ainsi dans le partage et l’échange, toujours dans la bienveillance. Après une pause, nous continuons la réunion par un tour de table, où la prise de parole n’est pas obligatoire. En effet, l’écoute est aussi un bon moyen de reprendre pied dans la réalité, constater que l’on n’est pas seul face au problème de la dépendance.

 

En attendant de vous y rendre, voici quelques thèmes abordés lors de ces réunions.

L'OUBLI

Définition

Phénomène complexe, à la fois psychologique et biologique, normal ou pathologique (dans ce cas, relevant de l'amnésie) qui se traduit par la perte progressive ou immédiate, momentanée ou définitive du souvenir.

 

Quand il est plus ou moins involontaire, l’oubli procède soit d’un défaut de mémoire, soit d’une négligence d’un manque d’attention, ou alors il présuppose un défaut de lucidité, de conscience.

Quand il est volontaire, l’oubli est le fait de ne pas vouloir prendre en compte quelqu’un ou quelque chose, d’écarter de sa pensée un objet de préoccupation ou de ressentiment.

Et, enfin, volontaire ou involontaire, l’oubli de soi-même est une disposition à faire acte d’abnégation, à négliger ses intérêts au profit d’autrui.

On peut aussi parler ici du déni, oubli ou non de faits qui nous dérangent, que nous ne voulons pas prendre en considération.

Oublier

Synonymes :

Laisser, désapprendre, effacer, noyer, abandonner, refouler, négliger, omettre, manquer à, enterrer…

Contraires :

Retenir, retrouver, se rappeler, se souvenir, revivre, revoir, aider, assister, voir, penser à, respecter, remâcher…

On peut aussi imaginer mettre dans des tiroirs nos souvenirs, agréables ou désagréables, ouvrir ou refermer ces tiroirs.

Parfois il y en a qui sont fermés à clefs, verrouillés ; la clef est perdue, elle peut ressurgir lorsque des évènements vécus nous rappellent des traumatismes passés.

D’autre fois, il est impossible de refermer ces tiroirs, les souvenirs nous envahissent alors, et il est très difficile d’en faire abstraction.

 

C’est mon inconscient qui décide, le souvenir n’est pas la mémoire…

 

Sur le refoulement

Si l’inconscient est une entité à part, imaginer qu’il puisse effacer de notre mémoire des souvenirs traumatisants ou des éléments révélateurs de notre profonde personnalité n’est pas étonnant. Les expériences traumatisantes peuvent être refoulées, c’est-à-dire qu’elles échappent à notre conscience mais qu’elles sont toujours présentes dans notre inconscient, permettant ainsi à certains de proposer des thérapies retrouvant cette mémoire qui nous échappe et qui est source de mal-être. La remémoration et la confrontation de ses souvenirs avec la réalité sont aussi censées avoir un effet thérapeutique.

 

Consciemment, avec un travail sur soi, je note qu’il est possible de revivre des évènements douloureux, en analysant et en changeant le regard posé sur son passé.

Plus précisément, le but pour moi, concernant les produits psychotropes, est d’intégrer leur nocivité, sans en faire une obsession. Vivre sereinement, sans frustration récurrente, changer de direction, modifier les paramètres de mon idée du bonheur et du plaisir, changer de mode de fonctionnement.

Revoir mes priorités, être ma priorité, ne pas m’oublier, comme j’ai pu le faire par le passé, arrêter de me sous-estimer, de me mal aimer.

 

L’oubli de moi-même a été facilité par la drogue et l’alcool, qui ont remplacé mon être intime ; je suis devenue le cannabis, je suis devenue l’alcool ; ils ont pris ma place et j’ai cessé d’exister. Je me suis mise entre parenthèse.

Malgré cela, ils m’ont permis de traverser une période très difficile de ma vie, survivre, en attendant la prise de conscience.

Pour vivre enfin, j’ai dû demander de l’aide, et me retrouvant en milieu médical, j’ai fait une biographie…ou plutôt, plusieurs biographies, au fil de mes différents séjours en cure. Et j’ai pu constater qu’à chaque nouvelle bio, des souvenirs remontaient à la surface, me permettant un regard différent sur ma vie passée, ses joies et ses traumatismes, les différentes causes de mon addiction.

Cela m’a permis l’indulgence, j’ai cessé de me juger si sévèrement, je me suis retrouvée, ou plutôt je me suis découverte, j’ai fait une rencontre magnifique, moi-même !

 

Et vous, qu’avez-vous décidé de sortir de l’oubli, que retenez-vous de votre rencontre… ?

                                                                                                                                             Odile SCHNEIDER

L'ALCCOL ET LES FETES DE FIN D'ANNEE

COMMENT RESTER ABSTINENT?

Les fêtes de fin d’année approchent avec leur lot de rassemblements familiaux et amicaux ; des moments de convivialité qui suscitent l’anxiété des personnes qui ont arrêté de boire.

Être solidaire, c’est aussi ne pas laisser la personne seule ou isolée, veiller sur elle avec délicatesse, quitter la soirée ensemble…Autant d’attentions qui rendront cette soirée plus facile.

Si elle ou il boit

S’il s’avère que s’abstenir est trop difficile, faire des reproches est contreproductif, une bonne attitude peut être de reconnaître son courage à participer à la soirée, rester positif pour la suite…

Parfois il faudra l’aider à partir. Enfin il est important de rappeler que les rechutes font parties intégrantes du parcours vers l’arrêt du produit.

Faut-il refuser de participer aux fêtes de fin d’année ?

Lorsqu’on lutte chaque jour pour ne pas reboire on peut se sentir plus à l’aise si l’on reste chez soi loin des tentations. Cependant, s’enfermer seul et souffrir de cet isolement peut aussi être un facteur de rechute. Arrêter de boire ne signifie pas forcément que l’on doive se couper des autres. Partager des moments de convivialité avec ses proches contribue à se sentir mieux. Affronter la situation redoutée et la surmonter renforcera la confiance en soi.

En soirée comment ne pas reboire

Un préalable est de savoir pourquoi on veut dire non à l’alcool ; se rappeler toutes les bonnes raisons que l’on a de ne plus boire et être au clair avec ses objectifs permet d’être plus à l’aise une fois en situation. La résolution de ne pas boire se renouvelle chaque jour et ne concerne que la journée en cours, cela aide à se focaliser et à être plus fort. Les jours de fête ne font pas exception mais surmonter ces jours là permet d’être encore plus fort et fier de soi.

Une règle essentielle est de dire non au premier verre. Il n’y a pas d’exception.

Pour refuser un verre être simple est le mieux : dire « non, je ne bois pas » peut suffire, se trouver une excuse n’est pas la solution idéale.

Parfois et malheureusement, des gens peuvent insister : « Allez, un petit verre ne te feras pas de mal ! ». On peu t répondre gentiment mais fermement que l’on est tout à fait prêt à trinquer, mais avec un jus e fruit. Si la personne insiste, il faut l’ignorer ; c’est la meilleure des choses à faire.

 

 

Merci à tous de m’avoir écoutée, et d’avoir échangé.

Que l’on passe de bonnes fêtes de fin d’année, en restant abstinent, que l’on s’amuse, rit, etc…

 

                                                                             

                                                                                                                                           Laurence

Anticiper l’évènement

On peut discuter avec lui ou elle de l’évènement à venir, lui proposer d’être à ses côtés. L’assurer de son soutien dans ce moment délicat.

On pourra prévoir ensemble quelles boissons sans alcool apporter.

Être solidaire

Lors d’une soirée, on peut faire en sorte de l’aider à ne pas boire en ne consommant pas d’alcool soi-même ou en adoptant une consommation d’alcool modérée. On pourra si la personne est d’accord l’aider à justifier vis-à-vis des autres le fait qu’elle ne boive pas d’alcool.

LA RECONNAISSANCE

DEFINITION (Larousse) :

 

1)Action de reconnaître quelqu'un ou quelque chose : La reconnaissance d'une pièce à conviction par un témoin.

2)Action de reconnaître quelque chose comme vrai ou réel : La reconnaissance du talent d'un écrivain par la critique.

3)Action d'admettre qu'on est l'auteur ou le responsable d'une action : La reconnaissance de son crime par l'inculpé.

4)Action de reconnaître quelque chose comme légitime : La reconnaissance d'une liberté par la Constitution.

5)Sentiment qui incite à se considérer comme redevable envers la personne de qui on a reçu un bienfait : Témoigner sa reconnaissance à quelqu'un.

6)Droit

Acte unilatéral par lequel un État accepte de considérer qu'une situation ou un acte produit des effets juridiques. (Ainsi, la reconnaissance d'État a pour conséquence la possibilité qui est ainsi ouverte à cet État d'avoir des relations et une activité diplomatique.)

7)Marine

Opération ayant pour objet de s'assurer de la position d'une terre, d'un danger, etc.

8)Militaire

Mission de recueil de renseignements d'ordre tactique ou stratégique, sur le terrain ou sur l'ennemi, nécessaires à l'évaluation des situations et à l'action des forces armées : Aviation de reconnaissance

 

 

J’ai envie de retenir ici « La Reconnaissance », dans le sens

Ce que je reconnais de moi, en l’autre, ce qui pose des points communs, ce qui lie mon humanité.

Ce qui me fait appartenir à une famille, ne pas me sentir seule.

 

Et aussi :

Le besoin de reconnaissance,

Pour rassurer l’estime que j’ai de moi.

 

 

Article dans l’express sur Internet

 

Nous sommes assoiffés de reconnaissance. Et c’est normal, la reconnaissance joue un rôle fondamental dans notre équilibre : c’est elle qui nous confirme notre valeur, l’appartenance et l’intégration, qui solidifie l’estime de soi puis la confiance en soi. Le message que nous percevons lorsque nous recevons des signes de reconnaissance, c’est que nous existons, que nous sommes dignes d’intérêt et que nous faisons partie d’un groupe.

Ce besoin, comme tous nos besoins, a une origine primitive : la reconnaissance favorisait la survie par la stabilité sociale et psychologique du groupe. Nous aspirons à recevoir la reconnaissance de nos accomplissements, de nos réussites, de ce que nous faisons bien, mais aussi la reconnaissance des difficultés, des obstacles que nous rencontrons et que nous dépassons, franchissons… ou non.

 

 

Si l'envie d'être apprécié et adoubé par nos proches et nos pairs peut être un moteur, ce besoin, lorsqu'il devient abyssal et impossible à combler peut au contraire devenir un frein, voire dévastateur pour l'estime de soi. Comment expliquer cette quête de reconnaissance ? Comment s'en libérer et se satisfaire de notre propre jugement ? 

 

"Généralement notre besoin de reconnaissance ne se fait pas vis-à-vis de n'importe qui, mais plutôt par rapport à des personnes ou groupes "référents". Des entités reconnues de soi comme ayant une certaine valeur morale, éthique, hiérarchique, culturelle, ou affective, voire tout cela en même temps", observe la psycho-praticienne Lysiane Panighini. "Plus la personne ou le groupe a une importance pour nous, et plus le besoin de reconnaissance peut être grand. Être reconnu par ces derniers, c'est dans une certaine mesure être aimé et apprécié d'eux." Sous entendu, "si ces personnes reconnaissent ce que je suis, (ou mon travail) cela veut dire que j'ai une certaine "valeur" et que j'existe à leurs yeux." A ce titre, ajoute la thérapeute, le perfectionnisme est souvent directement lié au besoin de reconnaissance.  

 

 

 

 

 

Le risque : s'oublier soi-même au profit de cette quête de reconnaissance

Ce besoin "devient handicapant lorsque la personne n'est plus apte à s'auto-évaluer à une juste mesure et lorsqu’elle s'oublie elle-même au profit de cette quête d'approbation". "Elle peut alors en arriver à perdre de vue ses propres valeurs, pour essayer de coller au plus près des personnes référentes. Il peut y avoir aussi une impression de rabaissement, de non-respect de soi, et surtout un grand sentiment de tristesse lorsque la reconnaissance ne vient pas, qui peut conduire à la dépression." 

S'interroger sur ce que le besoin de reconnaissance nous empêche de faire ;

Difficile, souligne Lysiane Panighini, de résoudre ce problème sans passer par une introspection personnelle. Face à des patients confrontés à cette dépendance du regard de l'autre, elle procède en les interrogeant de la manière suivante : "en quoi l'autre détiendrait-il la vérité ? Qu'est-ce que ce besoin de reconnaissance vous fait faire que vous n'avez pas envie de faire ? Qu'est-ce que cela vous empêche de faire que vous aimeriez faire ? Qu'en est-il du respect que vous avez de vous-même lorsque vous avez une telle attente ? Que se passerait-il de pire si vous n'étiez pas validé ?" Le but étant, explique-t-elle, d'avoir un regard critique (négative et positive) sur le problème qui est bien "Le besoin de reconnaissance" et non sur soi.

 

Fin, de l’article

 

La notion de dette

 

Ce que je suis prête à faire, pour que l’on me reconnaisse…pour que l’on m’aime

Par mon comportement, créer une dette

 

Parallèle entre le mot reconnaissance et le mot addiction

 

Définition du mot addiction (Larousse médical) ;

 

Processus de dépendance plus ou moins aliénante à des toxiques ou à des comportements.

 

L’addiction est un processus par lequel un comportement humain permet d’accéder au plaisir immédiat tout en réduisant une sensation de malaise interne. Il s’accompagne d’une impossibilité à contrôler ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives.

 

Etymologie :

Le terme addiction est d'étymologie latine, ad-dicere « dire à ». Dans la civilisation romaine, les esclaves n'avaient pas de nom propre et étaient dits à leur Pater familias. Le terme d'addiction exprime une absence d'indépendance et de liberté, donc bien un esclavage.

 

Selon l'étymologie addictus qui, en bas latin, signifie « adonné à », ce terme était utilisé en droit romain pour désigner la situation du débiteur qui, incapable de payer ses dettes, se trouvait « adonné » à son créancier. Ce dernier avait alors le droit de disposer entièrement de sa personne comme d’un esclave. Il s’agit, en quelque sorte, de la contrainte par corps.

 

Être addicté était au Moyen Âge une obligation d'un débiteur qui ne pouvait rembourser sa dette autrement à payer son créancier par son travail à la suite d'une ordonnance d'un tribunal.

 

Ainsi, ce que l’on croit faire, par choix, ou gracieusement, pourrait en réalité cacher un besoin, créer une dette, et faire que , malgré notre abstinence, nous retrouverions encore le système de la dépendance.

 

D’où la vigilance nécessaire dans nos choix, en essayant de garder notre spontanéité.

 

Pas facile…

 

Quels sont les accomplissements et difficultés que vous voudriez voir reconnus ?

Dans quelle mesure leur accordez-vous vous-même la reconnaissance que vous aimeriez recevoir d’autrui ?

Quels signes de reconnaissances allez-vous vous accordez à vous-même ? Comment ? Quand ?

                                                                                                                                   

                                                                                                                                            Odile SCHNEIDER

LE MIROIR

QUELQUES DEFINITIONS

Mythologie :

Dans la mythologie grecque, le miroir est associé à Narcisse. Selon le mythe, Narcisse est un jeune homme d'une incroyable beauté, mais très fier de lui. Aussi, il repousse de nombreux prétendants et prétendantes. Un jour, Narcisse découvre son reflet dans l'eau et en tombe passionnément amoureux. Il reste alors des jours entiers à se contempler et finit par dépérir.

D'être trop centré sur lui même lui fait perdre de vue les choses essentielles de la vie.

 

Psychologie analytique :

Psyché (du grec l’âme) ; intégralité des manifestations conscientes et inconscientes de la personnalité et de l’intellect humain.

 

Psychiatrie :

-Stade du miroir :

 Première étape décisive de la structuration du sujet, selon Lacan, et qui se met en place entre 6 et 18 mois, lorsque l'enfant identifie sa propre image dans un miroir.

-Le signe du Miroir :

Tendance du patient à longuement et fréquemment contempler sa propre image, qui répond également à son interrogation angoissée sur la désorganisation de sa vie mentale à travers la physionomie et l'expression du regard.

-L'effet miroir :

Dans nos interactions sociales, amicales, affectives, professionnelles, nous sommes exposés à ce que l'on appelle « l'effet miroir » ; c'est à dire aux projections psychologiques. Au sens psychanalytique du terme, les projections psychologiques sont les opérations par lesquelles le sujet expulse de soi et localise dans l'autre, des qualités, des sentiments, des désirs qu'il méconnaît ou refuse en lui. Au sens plus large, nous projetons sur les autres nos émotions, nos fausses croyances et nos complexes inconscients.

 L’un de mes plus anciens souvenirs, lorsque j’étais enfant, est d’être montée sur une chaise, pour m’apercevoir dans la glace.

M’observer, me détailler.

Puis, plus tard y chercher ce que je pourrais changer, afin de ressembler à tel ou tel personnage, ou personne.

Puis, à nouveau observer cette image, en la questionnant, espérant des réponses ; mais qui est tu donc, ou plutôt, où es-tu ?

Au plus fort de ma dépendance, je m’y suis perdue. Le miroir étant déformant.

 

Et enfin, après de longues périodes de soins, de rechutes, de travail sur moi, j’ai pu, débarrassée de l’illusion que procure les produits psychotropes, apercevoir une partie de mon être, et, en fonction des choix que j’ai pris, continuer à construire ce qui fait mon identité.

Je sais ce que j’aime, ceux que j’aime, ce qui me nuit, ce qui me sert et ce qui me dessert.

J’ai redéfini mes valeurs et mes priorités.

 

Je ne cherche pas à produire une image. L’important, ce n’est pas le reflet, l’important, c’est moi ; et quel que soit le miroir, que mon reflet soit authentique, qu’il ne dépende pas de qui regarde, mais qu’il traduise ce que je ressens.

Et cette image peut aussi évoluer, en fonction des changements de ma personnalité, au fil de mes réflexions, au fil de mon expérience, au fil du temps…Du moment que je m’y retrouve, que je m’y reconnaisse.

 

Et vous, que voyez vous devant votre miroir personnel, de quelle couleur est votre reflet ?

 

                                                                                                                                    Odile SCHNEIDER

Conclusion de Jean Cocteau :

Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images.

Prisme, filtre, duquel ressort un objet, sous la forme d’un reflet.

C’est une équation à trois éléments.

L’objet, le miroir, et le reflet, ou l’image

 

Cela peut être aussi le groupe de paroles, dans lequel je me regarde, et vous êtes mes reflets :

Ce que je retrouve de moi, chez les participants du groupe ; notre point commun, ou ce qui nous lie. Cela peut aussi mettre en évidence notre différence… cela m’aide à me définir, et contribue à la connaissance que j’ai de moi.

 

Miroir à facettes ; différents reflets :

L’image que j’ai de moi,

L’image que je veux donner,

L’image perçue.

 

MA DEFINITION

LA PAROLE

ETYMOLOGIE

C’est la même que pour le mot parabole en grec, qui veut dire rapprochement, comparaison. La parole est le langage incarné de l'être humain.


C’est la faculté d’exprimer et de communiquer la pensée au moyen du système des sons du langage articulé émis par les organes phonateurs.
C’est le propre de l’être humain.

Le langage se forme en plusieurs étapes :


Les pleurs sont la première expression du nourrisson.
Entre 3 et 6 mois, arrive les gazouillis
Entre 7 et 10 mois, le babil, ou babille ; l’enfant mémorise et extrait les mots signifiants. Il module l’intensité de la voix.
Vers 12 mois, il commence à prononcer des mots, introduction du oui et du non ; affirmation de soi.
Entre 16 et 19 mois, association de 2 mots, possession d’une vingtaine de mots, mais compréhension de beaucoup plus.
A 24 mois, explosion du langage, l’enfant utilise environ 300 mots. Il pose des questions.
Et vers 30 mois, on considère qu’il parle. Et donc, qu’il est en phase d’acquisition de la parole.

La parole s’apprend, se perd, se prend, se prête, s’ôte, s’adresse, se coupe, se porte, se donne, ou encore se libère…

 

 
 

En me rendant à mon premier groupe de parole en 2003, je m’étais dit, bon, d’accord, j’y vais, j’écoute, mais je ne dirais rien ! J’avais l’impression que si je parlais, je livrerai quelque chose d’intime, qui ne regardait que moi ; cela m’amènerait aussi à l’abstinence, ce qui me faisait très peur. Cela risquait de fonctionner…Ils n’auront rien, donc…Et puis, une phrase en amenant une autre, j’ai constaté que parler me soulageait, me liait aux autres en me sortant de la solitude, me permettait de trouver une place, ma place, dans cette mini société. Et puis, parler, cela remettait en route mon cerveau, abruti par l’alcool, le cannabis et le Xanax. Cela posait comme un espoir sur le chemin ; une lumière salvatrice.


J’y ai aussi appris que « ce qui est tu est bu » ; on pourrait dire aussi, que ce qui est caché, est fumé.
Parler, c’est sortir de soi des émotions, des sentiments, des réflexions, cela va dans le sens contraire de l’addiction, qui rentre en soi les frustrations et les ressentiments.
En 16 ans, j’en ai entendu, des paroles libératrices, des extraits de vies, multiples expériences enrichissantes, des émotions très fortes exprimées à demi-mots, des colères explosives. Cela m’a fait grandir, et imaginer que, pour moi aussi, l’abstinence, et la sérénité était envisageable.

J’ai donc appris, dans l’abstinence, à dire mes vérités, à exprimer mes joies comme mon mal être, voir mes colères. A constater, que même si ce que j’avais à dire ne faisait pas plaisir à entendre, les personnes qui m’aimaient ne se détournaient pas de moi ; et les autres, les toxiques, les méchants, qu’ils s’en aillent et me laisse le chemin libre. Libre, comme la liberté que j’ai acquise, en arrêtant les produits ; libre, comme la découverte, la connaissance de moi que m’ont permis l’abstinence et la venue à ces groupes de parole.

Parler, c’est donner des informations sur soi, s’affirmer, se définir à l’autre. Quand les mots ne sont pas disponibles, la violence apparait.


La parole est un vecteur qui véhicule notre pensée, tout en l’affinant, la précisant ; elle permet la communication, ce qui suppose qu’elle soit écoutée. La communication, c’est donc du partage, voir de l’entraide, comme ce groupe de parole.

Et vous, que taisez-vous, que dites-vous ? Que vous apporte la parole et le groupe de parole ?

Odile SCHNEIDER 
 
 

1) Ligne séparant deux pays, deux territoires ou terrains contigus : Le Rhin marque la limite entre les deux pays. 

2) Ligne qui circonscrit un espace, marque le début et/ou la fin d'une étendue : Les limites du terrain de jeu. 

3) Ce qui marque le début et/ou la fin d'un espace de temps ou ce qui le circonscrit : Dans les limites du temps qui m'est imparti. 

4) Borne, point au-delà desquels ne peuvent aller ou s'étendre une action, une influence, un état, etc. : Il a montré ses limites dans cette affaire. 

5) Degré extrême de quelque chose, seuil de ce qui est acceptable : Ce crime atteint les limites de l'horreur. 

6) En opposition, indique un seuil au-delà duquel quelque chose n'appartient plus à l'ensemble donné : Date limite d'inscription. 

7) Etat limite en psychanalyse, border line 

LA LIMITE

Etymologiquement , c'est le chemin qui délimite les champs, les forêts. La limite...le bord, le cadre, la frontière, la borne, le seuil, la ligne... 
C'est une règle que l'on se fixe, ou la raison a sa place, un choix, ou alors un seuil que l'on ne maîtrise pas?
Ou est le curseur sur la ligne de la tolérance... 
Tolérance aux produits psychotropes, tolérance à la dignité, 
tolérance aux influences.
 
Dans quel cadre vais-je inscrire mes limites, ma limite, dans quel cas n'est-ce plus tolérable ?
 
Limite, les bords du cadre.
 
Les limites ...Qu'est-ce qui nous autorise à les repousser, à tout balancer; motivation, décision, résolutions, promesses. 
Ou positionnez vous votre curseur sur la ligne de la limite? 
Au début de mon abstinence, je me suis sentie vide, et puis progressivement, la pression est remontée , quand je n'y prends pas garde, quand les équilibres entre tension et détente sont défectueux. 
Quand la notion de plaisir a disparu de mon environnement. 
Quand n'existe plus que l'obsession, la perspective illusoire d'un oubli salvateur. La limite, en point de bascule. 
Notion de fin, notion de début; c'est la où quelque chose s'arrête, et où autre chose commence...
 
Que faire quand la limite est atteinte...? 
La limite; construire un mur, et ne pas le franchir... 
La limite, au bout de ce mur, construire un escalier, pour en gravir les marches, et se dépasser; grandir en toute liberté. 
Franchir cette limite; intérieure/extérieur, les bords du corps, ma peau. Ma créativité, qui me fait m'exprimer, peindre, qui me fait sortir de mon corps; ce mouvement inverse à la consommation des produits psychotropes; avec lesquels nous enterrons en nous nous frustrations, nos colères, et autres émotions. 
Dans ce même mouvement, s'exprimer, de n'importe quelle façon, écrire, parler, chanter, danser, jouer de la musique... 
Repousser la limite, ou alors se positionner différemment par rapport à ce curseur...contourner le point de non retour; prendre le problème en amont, ne pas attendre d'arriver au point limite pour réagir, mais s'exprimer, encore et toujours, laisser passer nos émotions, pour qu'elles ne s'accumulent pas en un bloc insurmontable. 
Cela demande du courage et de la détermination, accepter de déplaire, pour gagner l'amour de soi, l'estime de soi, pour se respecter, se faire passer avant les autres. 
Accepter la limite, quand elle n'est pas modifiable, par la raison, détourner son chemin, et continuer sa route.
Odile SCHNEIDER 
 
"Ce n'est que lorsque nous acceptons nos limites que nous découvrons qu'il n'y a pas de limites." 
Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch de Henry Miller